mercredi 9 mai 2012
Quelques traces du colloque sur l'intelligence collective
lundi 26 mars 2012
Programme du colloque sur l'Intelligence collective
Dans la turbulence actuelle, les enjeux du monde du travail se traduisent par des problèmes multiples, tels les phénomènes de souffrance au travail, de maladie mentale ou de perte de sens. La gravité de la situation demande de réexaminer les cadres d’intervention actuels afin de faire le point sur leurs ancrages et sur les pratiques. Alors que les jeunes générations créent des entreprises au mode de gestion horizontal, on constate qu’il est le reflet d’une pression sociale vers une plus grande participation aux prises de décision, un appel au dialogue, un besoin d’écoute et une volonté de trouver des espaces de parole. Si les motifs sont clairs, les processus communicationnels qui incarnent ces aspirations démocratiques commencent à interpeler l’organisation. Il ne s’agit plus de dicter, de conduire ou de contrôler le changement, mais de susciter et de mobiliser le savoir. Cet éclatement du cadre managérial bouleverse le pouvoir et les relations, en mobilisant les capacités créatives et l’intelligence collective (IC). Comprise comme la capacité d’une organisation à unir les intelligences et les connaissances pour atteindre un objectif ainsi que la capacité d’un collectif à se poser des questions et à chercher les réponses, l’IC se manifeste lorsque les capacités cognitives et affectives sont mobilisées en mode de co‑création. L’animation d’une telle dynamique appelle des processus particuliers. Il s’agit ici d’explorer ces pratiques à la lumière de la montée de l’intérêt pour l’IC, donc pour le changement émergent, et de faire le point sur les pratiques de soutien, d’intervention, d’animation et de mobilisation de l’IC. À partir d’une ontologie processuelle de l’émergence, on interrogera la diversité, l’altérité et l’identité des personnes et du collectif à travers des modèles génératifs de transformation, incluant les enjeux éthiques, les ancrages dans la complexité et des thèmes tels que sensible, dialogue, conscience, présence et créativité.
Programme
Lundi 7 Mai 2012
Devenir durable au moyen d'une démarche collective et sensible
16 h 10
Diversité et intelligence collective : quelques notes
Mardi 8 Mai 2012
Développement de la gestion du savoir dans deux centres de santé et de services sociaux au Québec : d’un accompagnement socioconstructiviste vers un projet collectif
L'innoligence, concept reliant l'intelligence d'entreprise à l'innovation : investigation au travers des études de cas de St-Ericsson et Chamtor
Synthèse collective : l'aire sémantique commune de ce colloque
Lien vers le site de l'ACFAS (résumés des communications disponibles)
mardi 3 janvier 2012
Appel à communications

APPEL à COMMUNICATIONS
Colloque organisé dans le cadre du Congrès de l’ACFAS
(colloque # 456)
7 et 8 mai 2012
Palais des Congrès de Montréal
Accompagnement, transformation et intelligence collective-
Les pratiques du changement émergent: enjeux théoriques et d’intervention
Dans la turbulence actuelle, les enjeux du monde du travail se traduisent par des troubles multiples, tels les phénomènes de souffrance au travail, de maladie mentale ou de perte de sens. La gravité de la situation appelle à réinterroger les cadres d’intervention actuels afin de faire le point sur leurs ancrages et sur les pratiques. Alors que les jeunes générations créent des entreprises au mode de gestion horizontal, on constate qu’il est le reflet d’une pression sociale vers une plus grande participation aux prises de décision, un appel au dialogue, un besoin d’écoute et une volonté de trouver des espaces de parole. Si les motifs sont clairs, les processus communicationnels qui incarnent ces aspirations démocratiques commencent à interpeler l’organisation. Il ne s’agit plus de dicter, de conduire ou de contrôler le changement, mais de susciter et de mobiliser le savoir. Cet éclatement du cadre managérial bouleverse le pouvoir et les relations, en mobilisant les capacités créatives et l’intelligence collective (IC). Comprise comme la capacité d’une organisation à unir les intelligences et les connaissances pour atteindre un objectif ainsi que la capacité d’un collectif à se poser des questions et à chercher les réponses, l’IC se manifeste lorsque les capacités cognitives et affectives sont mobilisées en mode de co-création. L’animation d’une telle dynamique appelle des processus particuliers. Il s’agit ici d’explorer ces pratiques à la lumière de la montée de l’intérêt pour l’IC, donc pour le changement émergent; de faire le point sur les pratiques de soutien, d’intervention, d’animation et de mobilisation de l’IC. À partir d’une ontologie processuelle de l’émergence, on interrogera la diversité, l’altérité et l’identité des personnes et du collectif à travers des modèles génératifs de transformation, comme la théorie U (Scharmer, 2007), incluant les enjeux éthiques, les ancrages dans la complexité et des thèmes tels que sensible, dialogue, conscience, présence et créativité, le tout à la lumière des enjeux et des besoins en matière d’innovation sociale. Concernant les pratiques émergentes, les thèmes portant sur l’innovation ouverte, l’innovation issue de la pratique, notamment via les Change Lab, et sa mobilisation via les forums ouverts, les world cafés et les démarches appréciatives sont au cœur du thème de ce colloque.
La problématique abordée ici est en émergence. Connue en Anglophonie, par le biais des pratiques et des processus participatifs, elle reste de ce point de vue peu étudiée en francophonie. Faire place à une lecture multi et inter disciplinaire de l’IC, située au croisement de la communication, de la gestion, de l’intervention sociale et de l’innovation, permet de cerner les enjeux épistémologiques, théoriques et pratiques qui s’en dégagent, tel que :
· L’IC comme vecteur d’innovation sociale,
· La nouvelle conjugaison de la complexité des systèmes sociaux et d'un humanisme devenu radical dans l'IC,
· La place des technologies qui médiatisent les rapports humains, les rapports à l’activité, les rapports au travail,
· La relation de l’humain à l’humain, sans intermédiaire technique/technologique, présente des enjeux importants dans les milieux de travail et des défis dans la régulation du travail et des relations qui président à sa réalisation; particulièrement dans les phases « transformatives » du changement, alors qu’il faut redéfinir les règles du jeu relationnel
· Les enjeux éthiques liés à l’application, et détectables par une posture critique, en contexte de rapports de pouvoir remis en question et qui sont susceptibles d’être étouffés par une instrumentalisation, de la manipulation, ou par le déni,
· Les enjeux d’application donnant lieu à des chocs des finalités (monde marchand – éveil et croissance personnelle et collective ou dogmatique vs pragmatique)
Cette montée des préoccupations pour l’intelligence collective constitue une occasion de prise de recul et d’étude des mutations des formes de l’apprentissage organisationnel / collectif et des formes d’innovation sociale. Les personnes intéressées sont invitées à soumettre une proposition de communication au plus tard le 5 février 2012. Les propositions doivent comprendre un titre (maximum 180 caractères, espaces compris) ainsi qu’un résumé (maximum 1 500 caractères, espaces compris) et le nom de l’auteur (incluant statut professionnel et coordonnées, principal établissement ou organisme d’attache).
Comité organisateur
- Isabelle Mahy
- Nathalie Lafranchise
Comité scientifique
- Chantal Aurousseau, UQAM
- Evelyne Biausser, consultante
- Paul Carle, UQAM
- Philippe Durance, CNAM
- Olfa Greselle, Université de Metz
- Nathalie Lafranchise, UQAM
- Isabelle Mahy, UQAM
- Michel Moatti, Université Paul Valéry
- Mireille Tremblay, UQAM
Les propositions doivent être envoyées à Isabelle Mahy mahy.isabelle@uqam.ca
Pour obtenir de l’information sur l’ACFAS, la programmation et l’inscription au congrès : http://www.acfas.ca/
samedi 6 mars 2010
Affirmez vos rhizomes !
Contre les systèmes centrés (même polycentrés), à communication hiérarchique et liaisons préétablies, le rhizome est un système acentré, non hiérarchique et non signifiant, sans Général, sans mémoire organisatrice ou automate central, uniquement défini par une circulation d’états. Ce qui est en question dans le rhizome, c’est un rapport avec la sexualité, mais aussi avec l’animal, avec le végétal, avec le monde, avec la politique, avec le livre, avec les choses de la nature et de l’artifice, tout différent du rapport arborescent : toutes sortes de « devenirs ». (p.30-31).
Une organisation rhizomatique de la connaissance est une méthode pour exercer une résistance contre un modèle hiérarchique qui traduit en termes épistémologiques une structure sociale oppressive. (p.531)
jeudi 11 février 2010
vendredi 20 novembre 2009
lundi 19 octobre 2009
Sur la route de l'intelligence collective

Intelligence collective en marche
Comment incarner la démocratie dans le monde actuel?
Et si c'était par un leadership participatif et un apprentissage collectif
que l'utilité de notre participation à la vie démocratique
prendrait toute son importance?
Faisons émerger notre futur, une conversation à la fois.
Rendez-vous le 29 octobre 2009, à Montréal, de midi à 21h00.
Université du Québec à Montréal, salle DR-200.
Pour vous y inscrire :
http://emergencefutur.ning.com/
samedi 26 septembre 2009
Le futur émerge
Pour y voir plus clair, mais surtout parce que notre responsabilité est d'en faire quelque chose qui soit à la hauteur de nos aspirations, l'idée d'un atelier dédié à ce futur a germé, doucement, au printemps 2008. En août 2008, nous nous étions retrouvés quelques uns à Val-David, pour faire un atelier de 24 heures lors duquel nous avons appris les uns des autres. Nous avons ainsi pu parler d'émergence en tentant d'agir de manière cohérente avec des principes déjà partagés par tous, au moins sous forme d'aspirations. Nous pensions que nous sommes responsables du changement qui s'opère. Nous sommes le système. Nous avions intégré l'appel de Gandhi : "Be the change you want ot see in the world". Du coup, pour être conséquent, il faut chercher à vivre de manière cohérente. Assumer. "Walk the Talk" ne dit-on pas ? Le tout en n'oubliant pas de rester critique face à une mouvance démocratique toujours fragile, souvent glissante, simple à instrumentaliser et à subordonner à des fins qui sont tout autres... Pratiques positives par essence, par affiliation lointaine aux fondement de la psychologie positive, elles véhiculent et incarnent une vision du monde que l'on nomme aujourd'hui responsable, inscrite dans le paradigme de la durabilité, encore considéré comme fastidieux, difficile à traduire dans l'action. Fin 2009, sommes encore confrontés au déni et le sommet de Copenhague nous dira si ça bouge un peu.
En attendant, il nous faut agir de manière conséquente. Comment faire ? Quelle est cette posture intérieure d'intégrité ? De quoi est faite cette relation au monde qui se veut authentique ? Comment créer des espaces permettant de vivre concrètement d'après ces principes ? J'avais déjà participé à une dizaine de jours de formation à plusieurs approches utiles, à partir de 2003. J'y avais rencontré des personnes clés dans cette mouvance de participation démocratique, de transformation sociale, de mobilisation douce, ancrée dans un terreau philosophique bien irrigué. Du bouddhisme à l'existentialisme en passant par les réflexions de penseurs devenus des repères : Krishnamurti, Martin Buber, Kitaro Nishida, Gregory Bateson, Francisco Varela, Chris Argyris, Noam Chomsky, Peter Senge, Omar Aktouf, Otto Scharmer, Ken Wilber, Margaret Wheatley, Edgar Morin, Jean-Louis LeMoigne, Juanita Brown, tout comme Schiller, Pierre Guillet de Monthoux, Antonio Strati et plusieurs autres qui disaient si bien le rapport esthétique au monde... Autant de lumières dans la pénombre du quotidien.
J'ai aussi pu pratiqué plusieurs arts, entre autres : le forum ouvert de Harrison Owen, le dialogue authentique de Thierry Pauchant, qui fut mon directeur de thèse et qui travaille sur l'éthique, le world café, de Juanita Brown et Bill Isaacs, ainsi que ce qui est devenu fondateur comme modèle d'action, l'art des semailles et des moissons, autrement dit the Art of Hosting, où l'on retrouve des praticiens allumés, au cœur ouvert et créatifs, comme Toke paludan Moeller que j'ai rencontré de nouveau à Copenhague en juin dernier.
Et puis, pour explorer l'autre versant, plus conceptuel, qui met en lumière les finalités de cette perspective tout en la considérant par ses concepts et sa dynamique, je suis entrée en dialogue avec George Por, avec qui j'aurai la chance de travailler en octobre. George porte son attention sur l'intelligence collective, qui permet de qualifier et d'englober tout ce qui précède. En donnant une image, un sens, une véritable épistémologie humaniste de la complexité, axée sur l'action, à toutes ces pratiques disparates en résonance l'une avec l'autre, l'intelligence collective devient une sorte de clé de voute de cette architecture humaine et sociale.
Du coup, l'intervention que nous faisons en animant créativement (hosting) et en recueillant la mémoire de l'activité collective (harvesting) est une activité de transformation qui participe au design social. Conclusion : nous participons ainsi à faire émerger le futur. CQFD.
C'est la raison pour laquelle, nous du 4e Œil, croyons qu'il est utile de passer à l'action dans cet esprit, afin de sensibiliser la communauté à ces façons de faire qui donnent du souffle et incarnent précisément nos aspirations. Elles inspirent.
Nous vous convions donc à notre seconde rencontre, les 28 et 29 octobre prochains, à l'UQAM où nous allons tenir une session et un atelier de travail en mettant en œuvre ces pratiques au service de plusieurs enjeux critiques sur lesquels nous allons nous pencher. Vous êtes invités.
La session de travail vous fera traverser le grand U de la transformation humaine et l'atelier de travail se penchera sur l'urgence d'agir, de dialoguer, de réfléchir ensemble aux problèmes qui nous préoccupent le plus dans la société, comme le déficit démocratique, les enjeux environnementaux, le manque de vision pour le développement municipal, les refontes en santé, en éducation, et surtout les moyens d'agir sur le terrain que nous pouvons nous donner, dès aujourd'hui... Les deux activités sont complémentaires et réuniront des praticiens, des étudiants, des chercheurs, des intéressés, passifs et actifs, dans la communauté.
Au plaisir de vous rencontrer les 28 et 29 octobre prochains.
Pour plus d'information, n'hésitez pas à me contacter.
mercredi 24 juin 2009
Si on s'y mettait...

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais il m'arrive souvent de me passer des commentaires appréciatifs -que j'ai la plupart du temps la bonne idée de garder pour moi- concernant ce que j'aurais fait autrement, si j'avais été à leur place. À la place de ceux qui étaient en charge.
Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point c'est agaçant d'être aux prises avec ces commentaires critiques qui surgissent dans votre tête à tout moment, dans toutes sortes de situations de communication. Mais je spécule sans savoir. Peut-être avez-vous aussi développé au fil du temps ce regard critique sur notre société, ce désir inabouti de voir des petits détails du quotidien prendre une autre forme, changer de cadre, se présenter autrement. En fait, même si le mot changement est devenu une véritable tarte la crème (drôle d'expression, tout de même) qu'on a presque honte de convoquer dans le discours ces temps-ci, il faut tout de même reconnaître qu'il y a pas mal de petites choses que j'aurais changées, si j'avais été en charge au moment où c'était possible.
J'aurais raccourci un spectacle, permuté l'ordre de présentation de deux conférenciers, offert plus de temps à l'un, suggéré à l'autre de montrer ses fameuses images plutôt que d'en parler. J'aurais vérifié la cohérence entre les images et le commentaire du journaliste dans son reportage raté du téléjournal, j'aurais assis un journaliste en studio pour faire l'analyse d'une situation plutôt que de nous défiler une ribambelle de faits sans les expliquer...
Dans d'autres cas, c'est tout aussi agaçant et encore plus fondamental. En contexte de conseil et d'intervention, j'aurais évoqué avec le client l'importance de faire participer ses employés aux prises de décision et j'aurais pris le temps de lui expliquer que l'adhésion et la confiance bourgeonnent peu à peu, comme reflet approximatif de sa propre ouverture et de sa propre confiance.
À l'université, dans un cours ou dans un séminaire, j'aurais interpellé le groupe plutôt que de lui imposer un long exposé, je lui aurais donné la possibilité de déterminer les questions et les enjeux plutôt que lui assener un discours d'expert déconnecté de la réalité des jeunes de vingt ans.
Dans l'univers de la diffusion de la recherche académique, je me serais opposée à la dictature des 15 minutes de présentations imposées dans la plupart des colloques des grandes conférences scientifiques internationales.
Bref, j'aurais fait beaucoup de choses si j'avais pu, au moment où ça se décidait, mais je ne faisais pas partie de ceux qui concevaient ces événements, ces initiatives et ces activités. Je n'y avais pas été invitée.
Toutes ces initiatives dont je me plains, en ayant tout de même l'impression de ne pas être la seule, sont le fruit d'un travail noble, complexe et la plupart du temps invisible : le design. Ce travail créatif, qui consiste à passer du chaos des possibles à un ordre souple qui guide l'action, s'incarne de diverses manières d'un domaine à l'autre. On le connaît bien dans le monde de l'art, à travers le design de mode, le graphisme, le design environnemental, le design événementiel, la conception automobile, etc.
On le saisit déjà moins quand il est question de design pédagogique, véritable colonne vertébrale de toute situation d'apprentissage. Souvent déprécié, on l'assimile à du travail de "préparation de cours" et, ce faisant, il disparaît derrière les compétences de contenu -celles qui comptent vraiment- des professeurs et des formateurs.
Encore plus fugace, vu de l'extérieur, est ce qui ne se nomme même plus design : le travail du conseiller ou du consultant, qui se balade avec sa boite à outils virtuelle et son expérience. En quoi croyez-vous que consiste son travail ? À saisir les enjeux d'une situation, à fouiller dans sa boite à outils et dans son propre parcours pour concevoir une approche, une démarche, un processus ou une méthode pour aborder la situation et pour l'accompagner. Sur la base de ce design, il intervient, réalise un mandat, participe à faire émerger des solutions et contribue parfois à changer des choses mal aimées des gestionnaires car intangibles et fugaces : les comportements des personnes, le climat organisationnel, l'adhésion, la capacité d'innovation, la culture... Ça peut sembler étrange, si on n'y a jamais réfléchi sous cet angle, mais de telles interventions résultent toutes d'un design.
De nos jours, il est devenu naturel de participer. Nous voulons tous êtes partie prenante aux décisions -sans toujours accepter d'en assumer la responsabilité, reconnaisson-le-. Nous exigeons plus d'autonomie, une plus grande collaboration, de la flexibilité. On veut que ça bouge et que ça change. Yes, we can, nous a-t-on dit, récemment et, d'un coup, l'espoir a rejailli pendant quelques temps.
Nous avons d'ailleurs toute la technologie requise pour concrétiser le tout. Les boites à outils sont pleines, de la plus concrète à la plus immatérielle, elles accompagnent l'ingénieur, le consultant en gestion, l'intervenant social, le communicateur, chacun avec ce qui lui est essentiel dans l'action. Les réseaux sociaux et les lieux de co-création à distance, de Facebook à Twitter en passant par les wikis, sont autant d'exemples de l'art de la conversation à distance, de l'opportunité que nous nous donnons de penser ensemble. De l'instrumentation hard à la technologie sociale soft.
Certes, la technologie existe, mais nos façons de faire, elles, n'ont pas nécessairement beaucoup évolué. L'expression Don't pave the cowpath est un conseil que nous devrions tenter de ne pas oublier. Est-ce que le design de ce que nous imaginons est devenu plus collaboratif ? Mobilisons-nous l'intelligence collective dont nous disposons ? Réponse mitigée. Il est possible de concevoir ensemble mais nous préférons tout de même continuer à penser chacun pour soi. Pourquoi ? Par crainte de perdre le contrôle sur nos idées, par peur d'être remis en question par d'autres, par intérêt personnel, par protectionnisme et par corporatisme, avouons-le.
Évidemment, de tels choix ont des avantages. Il est moins compliqué de décider tout seul que de le faire collectivement, tous les dictateurs de ce monde vous le diront. Il est plus profitable pour un auteur d'exercer son plein droit de propriété et d'en récolter les maigres deniers que de penser et d'agir en mode Open Source. Néanmoins, il existe également des effets moins heureux.
Un employé m'a un jour raconté qu'il trouvait assez désagréable d'apprendre par les journaux les décisions prises par ses patrons. De tels gestes le démotivait, il ne se sentait pas du tout considéré, pas suffisamment utile -ni reconnu- pour qu'on ait même pensé à le consulter. Des exemples de la sorte, il en existe des milliers dans les organisations. Question de choix de gestion, basés sur des croyances profondes dont les sources sont enseignées dans les Écoles de commerce aux futurs MBAs de ce monde : les dirigeants décident, les employés exécutent...
Évidemment, quand on travaille à partir de telles croyances, on n'aura pas tendance à favoriser la participation. PODC (planifier, organiser, diriger, contrôler) qu'ils disent encore pour définir ce qu'est la gestion. C'est à croire que tous ces gestionnaires avaient séché le cours, le jour où on leur enseignait l'organisation apprenante, en trois heures, avant de revenir à des question plus importantes, comme la productivité. Si on leur avait dit que l'augmentation de la productivité est en partie basée sur la capacité des personnes à innover, ce qui repose entre autres sur la créativité, l'échange d'idées et la mise au défi des évidences, ils auraient peut-être saisi qu'il est plus efficace de penser à plusieurs plutôt que tout seul.
Dans les années 70, Jean-Pierre Ferland avait composé une chanson douce intitulée : "Si on s'y mettait...". Elle va bien avec aujourd'hui.
Au fait, un atelier de réflexion qui porte sur tout ceci est en cours de design. Il se tiendra à la fin octobre 2009 à Montréal. Si vous souhaitez y participer, vous êtes les bienvenus, il suffit de vous rendre ici : Presencing.
Bonne Saint-Jean.


